Charrue à bœuf

1950-4-19
Musée Pop Musée acadien

Utilisée pour ouvrir et retourner la terre, cette charrue permet d’ameublir et d’aérer le sol, préparant efficacement la terre avant les semis. Employée vers les années 1770 par les Acadiens de la rivière Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, elle témoigne du savoir-faire agricole traditionnel.

Fabriquée à la main, cette charrue anciennement peinte en rouge est dotée d’un très long mancheron muni de deux poignées. Sa structure comprend une poutre de bois allongée, un soc et un versoir en feuilles métalliques qui recouvrent une base en bois.

Selon la tradition familiale, cet outil ancestral appartient à la famille Godin de Kingsclear au Nouveau-Brunswick. Elle serait la première charrue utilisée par les Acadiens sur la rivière Saint-Jean. Gabriel Godin dit Bellefontaine, commerçant et commandant sous le gouverneur Villebon, reçut une importante concession de terre à la pointe Sainte-Anne, aujourd’hui Fredericton, où il est recensé en 1697.

Au Québec, l’usage de la charrue rigolière remonte au XVIIIe siècle. Tirée généralement par des bœufs, cette charrue était principalement utilisée à l’automne pour retourner ou fragmenter la terre, laissant derrière elle un tracé distinct de sillons parallèles qui préparaient le sol pour les cultures à venir.

Originaire de la région d’Arthabaska, cet outil agricole se distingue par ses mancherons façonnés à partir de branches d’arbre, une caractéristique qui témoigne de l’ingéniosité et de l’adaptation des agriculteurs aux ressources naturelles locales.

Témoin du savoir-faire artisanal de l’époque, la charrue rigolière illustre à la fois la simplicité et l’efficacité des outils qui ont façonné les paysages agricoles d’antan.